Positions d’Accouchement : le Guide Complet pour Protéger votre Périnée
Temps de lecture : 11 minutes
Quelle position d’accouchement protège le mieux votre périnée ? C’est l’une des questions que l’on me pose le plus souvent, bien avant le jour J. Bonne nouvelle : la position que vous adoptez pendant le travail et la poussée influence vraiment la pression exercée sur vos tissus. Dans ce guide, je vous explique tout, position par position, pour aborder votre accouchement avec plus de confiance.
L’essentiel à retenir
- La position gynécologique classique (sur le dos, jambes relevées) augmente la pression sur le périnée.
- Les positions verticales et asymétriques réduisent le risque de déchirure et aident bébé à descendre.
- Rien n’est figé : vous pouvez changer de position d’accouchement plusieurs fois, même avec une péridurale mobile.
- La préparation en amont (massage, respiration, échange avec la sage-femme) complète le choix de la position.


💜 Quelle préparation vous correspond avant le jour J ?
Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus en pensant à l’accouchement ?
Sommaire
- Pourquoi la position change tout pour votre périnée
- Pour qui est fait ce guide ? Faites le point avant l’accouchement
- Les positions d’accouchement qui protègent le périnée
- La position à limiter : la position gynécologique classique
- D’autres leviers pour protéger votre périnée le jour J
- Idées reçues et erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Pourquoi la position change tout pour votre périnée
Le périnée est ce hamac de muscles situé entre le vagin et l’anus. Pendant l’accouchement, il s’étire pour laisser passer votre bébé. Cet étirement est naturel. Mais il peut être plus ou moins brutal selon la position que vous adoptez.
En position allongée sur le dos, la gravité ne vous aide pas. Le passage du bébé exerce une pression plus frontale et plus concentrée sur le périnée. À l’inverse, dans une position verticale ou penchée en avant, le bassin s’ouvre davantage et la pression se répartit plus largement sur les tissus, comme le rappelle la description anatomique du plancher pelvien.
La façon de pousser compte également. Une poussée expulsive spontanée, guidée par vos propres sensations, ménage souvent mieux le périnée qu’une poussée bloquée et prolongée. C’est pourquoi la position et la respiration fonctionnent toujours ensemble.
Ce que j’entends le plus souvent comme question dans notre communauté : « Est-ce que je peux vraiment choisir ma position, ou c’est la sage-femme qui décide ? » La réponse est rassurante : dans la grande majorité des maternités françaises, vous pouvez tester plusieurs positions et garder celle qui vous convient le mieux.
La liberté de mouvement pendant le travail joue aussi un rôle indirect. Une femme qui peut se lever, marcher ou changer d’appui régulièrement ressent souvent moins de douleur, et arrive à la phase de poussée moins tendue. Or, un périnée détendu s’étire mieux qu’un périnée contracté par le stress ou l’immobilité prolongée.
Ce guide fait partie de notre rubrique bien-être intime et santé féminine, où nous abordons la grossesse, l’accouchement et le post-partum sans tabou.

Pour qui est fait ce guide ? Faites le point avant l’accouchement
Avant de choisir une position, prenez un instant pour vous situer. Vos attentes ne sont pas les mêmes selon votre histoire, votre parcours de grossesse, ou les recommandations de votre équipe médicale. Se reconnaître dans un de ces profils permet d’aborder la suite du guide avec des questions plus précises à poser lors de vos prochains rendez-vous.
Vous vivez votre premier accouchement
Vous ne savez pas encore ce que vous allez ressentir, et c’est normal. Votre objectif : garder de la liberté de mouvement et tester plusieurs positions le moment venu, sans vous mettre de pression sur le résultat.
Vous avez déjà vécu une déchirure ou une épisiotomie
Cette fois, vous voulez limiter au maximum le risque de récidive. Les positions asymétriques et verticales, associées à une préparation périnéale, sont particulièrement indiquées pour vous.
Vous êtes suivie de près, avec un monitoring continu
Grossesse gémellaire, diabète gestationnel, dépassement de terme : certaines situations imposent une surveillance rapprochée du rythme cardiaque du bébé. Bonne nouvelle, cela ne veut pas dire immobilité totale. Les capteurs sans fil, quand ils sont disponibles, permettent souvent de rester en position semi-assise ou même à quatre pattes sur le lit.
Dans mon expérience, beaucoup de personnes débutantes pensent que la position d’accouchement est imposée par l’équipe médicale, alors qu’en réalité elle se discute presque toujours, sauf en cas de nécessité médicale (monitoring continu, extraction instrumentale, urgence).
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Les positions d’accouchement qui protègent le périnée
Voici les positions les plus souvent recommandées pendant le travail et la poussée. Vous n’êtes pas obligée d’en choisir une seule : beaucoup de femmes en changent plusieurs fois.
La position à quatre pattes
À genoux, penchée en avant sur les mains ou les avant-bras, cette position ouvre le bassin sans exercer de pression directe sur le périnée. Elle facilite aussi la rotation du bébé dans le bassin, en particulier lorsqu’il est positionné dos à dos avec vous. C’est une des positions les plus citées par les sages-femmes pour limiter les déchirures, à condition de garder le dos bien relâché plutôt que cambré.
La position latérale, sur le côté
Allongée sur le côté, une jambe surélevée et soutenue par votre partenaire ou un coussin, vous relâchez le poids du corps sur le périnée. Cette position est souvent proposée en cas de fatigue, ou avec une péridurale peu mobile, car elle demande moins d’effort musculaire tout en gardant un vrai effet protecteur.
La position accroupie et les positions verticales
Debout, accroupie ou suspendue à l’aide d’une barre ou du cou de votre partenaire, vous utilisez la gravité pour aider votre bébé à descendre. L’ouverture du bassin est maximale. Cette position demande cependant une bonne tonicité et n’est pas toujours compatible avec une péridurale complète.
La position semi-assise avec soutien
Le buste redressé, calée par des coussins ou le lit articulé, cette position reste un bon compromis quand la mobilité est réduite. Elle protège mieux le périnée que la position totalement allongée, tout en restant confortable.
La position assise sur ballon de naissance
De plus en plus de maternités mettent à disposition un gros ballon de grossesse pendant le travail. Assise dessus, en petits mouvements de bascule du bassin, vous ouvrez le détroit inférieur du bassin tout en gardant un soutien confortable. C’est une position intermédiaire, souvent utilisée avant la phase de poussée elle-même, qui prépare doucement le passage vers une position plus verticale.

💜 À vérifier avant de choisir votre position
- Ai-je testé plusieurs positions pendant ma préparation à la naissance ?
- Ma péridurale, si j’en ai une, me permet-elle encore de bouger un peu ?
- Ai-je parlé de mes préférences avec ma sage-femme ou mon obstétricien ?
- Mon partenaire sait-il comment me soutenir physiquement dans ces positions ?
| Position | Effet sur le périnée | Bonne pour |
|---|---|---|
| 4 pattes | Pression très limitée | Toute future maman mobile |
| Latérale | Pression réduite | Péridurale peu mobile, fatigue |
| Accroupie / verticale | Pression répartie, ouverture maximale | Accouchement sans péridurale |
| Semi-assise avec soutien | Pression modérée | Mobilité réduite |
Aucune de ces positions n’est universellement « la meilleure ». La bonne position, c’est souvent celle qui vous permet de vous sentir en sécurité et suffisamment détendue à l’instant T. Certaines femmes changent d’avis en plein travail, et c’est tout à fait normal : votre équipe est là pour vous accompagner dans ces ajustements.
La position à limiter : la position gynécologique classique
Allongée sur le dos, jambes relevées dans les étriers : c’est la position la plus connue, mais aussi celle qui exerce le plus de tension sur le périnée. Sans l’aide de la gravité, la pression se concentre sur une zone plus étroite des tissus.
Elle reste toutefois parfois nécessaire, notamment pour faciliter la surveillance du bébé, une extraction instrumentale ou certains gestes d’urgence. Ce n’est donc pas une position à bannir totalement, mais plutôt à limiter dans le temps quand c’est possible, comme le détaille cette fiche de la maternité du CHU de Rouen sur la prévention des déchirures.
Cette position s’est généralisée au XXe siècle surtout pour le confort de l’équipe médicale, qui avait ainsi un meilleur accès visuel. Elle n’a donc pas été choisie pour des raisons physiologiques liées au périnée. C’est un bon rappel : une pratique répandue n’est pas toujours la plus protectrice pour vos tissus.

D’autres leviers pour protéger votre périnée le jour J
La position n’est pas le seul facteur qui compte. Voici d’autres gestes complémentaires, à combiner selon vos besoins.
Le massage périnéal préparatoire. Réalisé dès le 8e mois, seule ou avec votre partenaire, il assouplit les tissus. Vous pouvez découvrir comment masser votre périnée à deux avec votre partenaire, ou choisir une huile de jojoba adaptée à ce massage.
La respiration et la poussée spontanée. Expirer lentement, plutôt que bloquer sa respiration en poussant fort, réduit la tension brutale sur le périnée. Cette technique s’apprend en cours de préparation à la naissance.
La compresse chaude pendant la poussée. Appliquée par la sage-femme au moment du dégagement de la tête, elle détend les tissus. Nous détaillons la technique de la compresse chaude pendant le travail dans un autre article.
Le soutien manuel de la sage-femme. Un accompagnement dit « hands-on », où la main guide et ralentit la sortie de la tête, limite aussi le risque de déchirure.
Une bonne hydratation des tissus. Boire suffisamment d’eau et éviter la constipation, fréquente en fin de grossesse, aide à conserver des tissus périnéaux souples. Une alimentation riche en fibres et en bons acides gras contribue aussi, modestement mais réellement, à leur élasticité.
La tonicité musculaire travaillée en amont. Un périnée ni trop tendu, ni trop relâché s’étire mieux le jour J. C’est pourquoi certaines sages-femmes recommandent, hors grossesse ou en tout début de grossesse, de renforcer votre périnée avec les exercices de Kegel, en complément des massages plus tard dans la grossesse.
Enfin, plus largement, un rituel complet pour préparer votre 8e mois vous aide à aborder tous ces aspects sereinement, pas seulement la question des positions. Et pour aller plus loin sur la prévention, retrouvez les 7 méthodes douces pour éviter une déchirure.
💬 Idées reçues et erreurs fréquentes
« Je pensais qu’on ne pouvait pas choisir sa position à la maternité »
C’est l’une des idées reçues les plus répandues. En réalité, la loi de 2005 relative aux droits des patients garantit votre libre choix, sauf contre-indication médicale précise. N’hésitez pas à écrire vos préférences dans votre projet de naissance.
« Je croyais que pousser le plus fort et le plus longtemps possible protégeait mon bébé »
C’est l’inverse qui est souvent vrai pour le périnée. Une poussée longue et bloquée fatigue les tissus. Une poussée plus courte, guidée par vos sensations, ménage à la fois votre corps et le passage de bébé.
« Je ne savais pas que la péridurale limitait autant les positions possibles »
Cela dépend du dosage. Avec une péridurale dite « ambulatoire » ou faiblement dosée, vous gardez souvent assez de tonus pour vous mettre à quatre pattes ou sur le côté. Parlez-en avec l’anesthésiste avant le jour J.
« Je pensais que la position accroupie était réservée aux accouchements sans péridurale »
Beaucoup de futures mamans l’imaginent réservée aux naissances non médicalisées. En réalité, de plus en plus de salles de naissance sont équipées de barres de suspension ou de sièges de naissance, justement pour rendre cette position accessible même avec un accompagnement médical classique.
Cette question revient très souvent, et je comprends l’hésitation : personne ne vous a vraiment expliqué, en amont, que ces choix se préparaient. C’est justement l’objet de ce guide.
💜 Questions fréquentes sur les positions d’accouchement
Après la naissance, prenez soin de votre périnée
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Pour poursuivre votre préparation, vous pouvez aussi consulter les exercices de rééducation après la naissance, très utiles pour anticiper la suite. Le site québécois Naître et grandir propose également un panorama complet des positions qui soulagent pendant le travail, une ressource complémentaire à ce guide.
Conclusion
Il n’existe pas une seule bonne position d’accouchement, mais plusieurs pistes pour protéger votre périnée : bouger librement, privilégier les positions verticales ou latérales, respirer en conscience et vous préparer en amont. Parlez-en avec votre sage-femme, testez plusieurs appuis pendant votre préparation, et surtout, faites-vous confiance. Votre corps sait, la plupart du temps, trouver la position qui lui convient le jour venu. Et si une déchirure survient malgré tout, sachez qu’elle se soigne bien et que la récupération se prépare, elle aussi, en douceur.






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